Mardi, c’est le grand jour… Aujourd’hui, nous prenons possession de notre van « wicked ».

Après une longue attente, nous avons nos clefs qui sont à l’image de l’entreprise de location : un décapsuleur de bière sur le trousseau ! Ils sont déjantés chez « wicked » !
Notre van, un mazda, est peint aux couleurs de batman et au cul, une phrase : « it’s not who you are inside, it’s what you leave behind that defines you ».
Nous avons une carte d’Australie qui n’est pas particulièrement précise mais largement suffisante pour les grands axes que nous allons emprunter. Nous prévoyons notre itinéraire en choisissant le trajet le plus court pour économiser l’essence.
Mais… ce qu’on ne savait pas… c’est que sur une carte aussi peu précise que celle que nous avons… les routes non goudronnées sont également inscrites ; et bien évidemment, notre itinéraire de départ se faisait entièrement sur des routes non goudronnées... mais ça on ne le savait pas encore ! (oui parce que hein, n’allez pas me dire qu’on est sensé lire les légendes des cartes non plus !)

Notre périple commence sur une route qui ressemble à une petite départementale en France. Puis soudain… plus de bitume ! Comment ça plus de bitume ? Mais... ça va durer ? On verra bien… continuons d’avancer… Le sol est rouge et sableux, notre vitesse est désormais réduite à 40km/h pour épargner notre pauvre van (et notre caution qui nous sera retirée si nous abîmons le van suite à une route non goudronnée).
Voilà que nous arrivons face à un plan d’eau… oui oui… c’est bien la route qui passe là ! Pas de problème, si la route passe, nous aussi (note pour plus tard : réfléchir avant de penser des conneries pareilles). Peu importe, tout comme la route, nous passons.
Il faut noter que cette « route » est très particulière… elle alterne la piste et la route goudronnée ; ils sont bizarres ces australiens… aller goudronner à peine 100m de route en plein bush tous les 10km… je crois que des fois, il vaut mieux ne pas chercher à comprendre.

Après le mauvais état de la route, voilà qu’un autre problème se profile sur le tableau de bord… la jauge d’essence qui s’allume. Comment ça ? On vient de faire le plein !
Pour se rassurer, on se dit que la réserve doit être énorme, ce n’est pas possible qu’un van ait aussi peu d’autonomie.
L’aiguille descend dangereusement… la prochaine station est à plus de 100km… impossible de faire machine arrière nous venons déjà de parcourir 300km sans rencontrer une seule station service.
Plus que 40km à parcourir… on y est presque… plus que 35km… plus que 30km… bruuuum ! Panne sèche !
Et bien celle là, on ne s’y attendait pas ! Notre van a donc une autonomie de 400km soit moitié moins que la voiture que j’avais en France (vive les ZX !).
Nous voilà donc, en plein milieu du bush australien, un soleil de plomb, pas une voiture à l’horizon, en panne sèche !
Que faire ? Pas de panique quoiqu’il arrive, nous avons assez de vivres et d’eau pour tenir jusqu’à la semaine prochaine.
A l’horizon, on aperçoit une voiture qui se rend dans la direction inverse… nous l’arrêtons dans l’espoir qu’elle fonctionne à l’essence et qu’elle puisse nous dépanner quelques litres. Non c’est un diesel… zut !
Une deuxième voiture… toujours dans la mauvaise direction... elle ne peut rien faire pour nous non plus.
Une troisième voiture, dans la bonne direction cette fois-ci. Deux australiens à l’intérieur. Ils s’arrêtent et acceptent de nous aider. Je monte alors avec eux laissant Paul et Aline au van ; j’emporte le nécessaire de survie : des cookies, de l’eau de la crème solaire et de l’argent.
Me voilà donc entourée de deux australiens, barbus, la trentaine, qui rentrent de 2 semaines de chantiers dans le bush. Nous discutons, rigolons et puis… PAF !
Vous n’allez pas me croire…
Crevaison !
Fort heureusement, ces australiens sont accoutumés à ce type de panne et ont de nombreux pneus dans la caisse du pick-up. Aujourd’hui, c’est leur troisième crevaison et ils sont donc très amusés. Bon par contre, c’est le dernier pneu de secours donc pas de 4ème crevaison je vous prie!

Nous arrivons dans la ville la plus proche « hughenden ». Les australiens me prêtent leurs jerricanes et je remplis les bidons.
Le temps de déposer un des deux australiens et de changer de pick up (oui le précédent n’était pas très fiable) et nous repartons en direction du van.
Quand j’arrive, 2h se sont écoulées et je vois Paul et Aline en train de discuter avec des français qui étaient dans un van et que nous avions rencontré Paul et moi à un des BP de Sydney ! Quelle coïncidence !
Durant mon absence, Aline a montré à Paul comment coudre et ils passeront pas mal de temps pendant les 10jours qui suivront à coudre leurs vêtements troués. (Je précise parce que moi ça m’a toujours fait rire de les voir coudre en plein outback australien).
Revenons-en à nos déboires… L’australien nous rempli gentiment notre van d’essence et repart sans accepter une quelconque compensation financière pour les 80km qu’il vient de faire pour nous dépanner.
Suite à cette journée, nous avons donc acheté un jerricane d’essence pour compenser la maigre autonomie du van car les stations essences se font rares.
Nous avons également complètement changé notre itinéraire pour utiliser les « autoroutes » qui sont en réalité une simple voie à double sens de circulation (l’équivalent de nos nationales) car la piste qui nous attendait si nous avions continué n’était pas empruntable sans 4x4.
Une bonne nuit de sommeil et nous voilà repartis pour de nouvelles aventures…
Imaginez donc ce que c’est que de conduire dans le red centre…
Vous vous trouvez sur une simple route, interminablement longue et sans aucun virage, avec un paysage constant. Le soleil éblouit et crame. Le ciel est d’un bleu parfait contrastant avec le sol rouge qui vous entoure. Au loin, des mirages, nous croyons voir des étendues d’eau… et pourtant... ce n’est que le bitume qui chauffe et « transpire ».
Sur les bas côtés, des centaines de fourmilières aux allures de stalagmites rouges, la solitude au milieu du désert, des road trains longs de 53m vous croisent, les vitres sont ouvertes, la musique tourne et soudain, une odeur vous caresse les narines et fait apparaître un visage de dégoût sur votre face… Nous venons de croiser une charogne… comme tous les 100m dans l’outback. Des centaines de bêtes mortes le long de la route pour avoir traversé au même moment qu’un road train. Des kangourous en grande majorité mais aussi des vaches et des dingos.
Conduire dans le désert, c’est rencontrer des serpents, des kangourous, des émeus, des dingos, des vaches (à bosses), des perroquets, des aigles, des vautours…

Notre vitesse de croisière est 80km/h pour économiser notre précieux or noir qui coûte une fortune une fois sortis des grands axes côtiers.
Et puis, un jour, voilà, on y est ! Nous sommes à Uluru Kata-djata national park qui renferme le plus gros monolithe du monde !
Nous n’avions pas prévu que l’entrée serait payante mais tant pis nous ne sommes pas venus pour rien.
Uluru, c’est un immense roc rouge haut de 346m (soit quasiment la tour Eiffel) et large de 3km.
Après longue réflexion et débat, nous décidons tout de même de faire l’ascension d’Uluru. Il nous semblait que c’était une ascension pour « les petits vieux » c'est-à-dire sans grande difficulté. Et bien non ! Certains passages s’apparentent beaucoup plus à de l’escalade qu’à une petite ballade du dimanche.
Même la chèvre des montagnes qu’est Paul a été surpris de la difficulté et de la dangerosité ! Un site aussi dangereux que celui là ne serait jamais laissé ouvert au public en France.
L’ascension est aussi rude que belle…
Sous nos yeux, tout le désert s’offre à nous… les couleurs sont fascinantes… ça a été retouché à Photoshop, c’est pas possible ! Le bleu c’est jamais bleu comme ça ?! Le rouge non plus ?! Qui c’est qui a trafiqué le ciel ? Qu’il se dénonce !
Il est temps de redescendre de ce monolithe, il est hors de question que nous rations le coucher de soleil sur cette immensité.
Assis sur le van, nous allons pouvoir observer tous les rouges par lequel Uluru passe avant de s’enfoncer dans la pénombre de la nuit.
Magnifique encore une fois.

(entre la 1er et la dernière photo, 30min se sont écoulées)
Le lendemain, nous effectuerons une ballade de 10km tout autour d’Uluru toujours avec nos yeux grands ouverts, émerveillés par cet immense caillou.
Et voilà... il est temps à présent de remonter en direction de Darwin.
Au départ, nous voulions nous arrêter au kakadu national park qui se trouve dans les environs de Darwin mais nous avons jugé que nous avions vu assez de choses en un mois (fin de bundaberg, hervey bay, fraser island, rockhampton, airlie beach, whitsundays, mission beach, cairns, le desert, uluru, darwin).
Du coup, nous arrivons volontairement quelques jours plus tôt que prévu à Darwin et profitons du van pour chercher du boulot et un toit.
Road trip en chiffre :
1 van
4958,7 km parcourus
3 personnes
6 moineaux tués (3 par Aline et 3 par Paul)
1 kangourou évité de justesse
1 serpent et un gros lézard tués
2 pannes sèches
1 crevaison
4kg de riz
3,5kg de pâtes
40 CDs de musique
Itineraire a jour !!!