Et encore une nouvelle aventure !
De nombreuses personnes ne sont certainement pas au courant alors j’explique d’abord en quelques mots. Depuis septembre, nous sommes tout un groupe d’étudiants à travailler sur la conception d’un bobsleigh pour l’équipe de France. Nous travaillons donc en collaboration avec Alexandre, compétiteur international de bob.

En parallèle de ce projet technique, il y a également une équipe sportive entrainée par Alex (toujours le même) qui se forme pour devenir une nouvelle équipe de bobsleigh.
JOUR 0
Rentrons à présent dans le vif du sujet :
Jeudi dernier, Ouzi, Cal, Lektric, Nico, Julie, Rlefesse, Gliss et moi sommes partis faire un stage de bobsleigh à La Plagne en compagnie de 5 compétiteurs internationaux Alex B., Alex J., Charly, Jbai et Ekatarina (skeleton).
Vous comprendrez mieux avec une photo :

Vous avez ici tous les protagonistes de ce week end.
Tout a donc commencé jeudi soir… nous étions sensés partir à 16h30 de Belfort mais pour des raisons obscures, nous ne sommes partis qu’à 19h. Ce qui nous a permis également de faire les courses pour tout le week end… malheureusement, un rayon a subit notre empressement et a fini à terre étalant tous les biscuits sur le sol… On pousse un peu notre œuvre dans un coin (oui le rayon était vraiment trop pété) et nous sommes partis.
Vers 22h, la faim commençait à se faire sentir. Comme tous les sportifs qui se respectent, nous nous sommes donc mis en quête d’un McDo… qui se trouva fermé (on est vraiment dans le trou du cul du monde) ; dernière solution avant de mourir de faim, le buffalo était encore ouvert :

Autour de ce copieux repas, nous avons tous pu admirer la capacité d’Alex à engloutir une quantité de viande hallucinante : 2 carpaccio de bœuf, 2 côtes de bœuf (de 500gr chacune) et un banana split !

Nous reprenons la route.
J’ai oublié de préciser que, comme nous transportons un bobsleigh et que nous sommes 10 personnes à partir, nous avions donc un 20m3 pour le bob et un van de 9 places.

Le 9 places passe la frontière suisse sans encombre, facile, yavait personne ! Sauf que… du coup, on n’a pas pu acheter la vignette, petit autocollant indispensable pour rouler légalement sur les autoroutes Suisses… Le 20m3 (très voyant) s’est donc rapidement fait arrêter par la police suisse et a été sommé de quitter l’autoroute et de continuer sur les petites routes suisses et cabossées.
Nous conclurons tous de ce petit désagrément que Cal est un aimant à douanier malgré l’absence de sa plaque d’immatriculation sudiste.
Pour ne rien arranger, un 20m3 ça consomme… et vers 2h du mat’, en Suisse, il devient difficile de trouver une station essence. Les seules qu’ils ont trouvées pour le 20m3… ils ont réussi à les faire planter…
Résultat, nous qui étions dans le neuf places, une fois arrivés à Aime (petit village à 30min de La Plagne) nous les avons donc attendu 1h avant de nous diriger vers notre appartement gracieusement prêté par la grand-mère de Rlefesse.
Heure à laquelle nous avons commencé à attendre le 20m3.
Après de nombreuses galères pour se garer sans payer, Rlefesse nous ouvre les portes de sa demeure où nous vivrons à 9 dans 20m². Il est 6h du matin, et nous pouvons commencer cette nuit tant méritée !


JOUR 1
Midi. Il est temps de se lever.
Nous partons en quête des clés de la piste de poussée que nous obtiendrons comme des grands !
Point culture : Alors la piste de poussée, c’est quoi ?
C’est une simulation d’une piste de bobsleigh sur du tartan. Deux rails sont disposés sur lesquels roulent les chariots de poussée et un « faux » bobsleigh. La piste connait un « plat » à son départ, suivi d’une descente et enfin d’une remontée pour freiner le bob et le ramener à l’endroit initial.
Les sportifs s’échauffent en attendant Alex… ce qui a été peine perdue puisque l’attente a été…longue, très longue… Mais il est arrivé accompagné de Jbai et de Jalex. C’est alors que les entrainements sérieux ont débuté. Poussées du chariot, poussée du bobsleigh, travail de la technique, travail de la puissance… ils n’ont rien laissé au hasard et les progrès des protagonistes sont, ma foi, fort bons.



NB : je ne fais pas partie des sportifs, mon rôle de cameraman, de photographe et de recherche d’informations techniques était bien suffisant.
Après cet entrainement à la piste de poussée, un petit apéro au Génépi était de rigueur auquel un resto de fondue savoyarde s’est ajouté.
Retour à l’appart relativement tard pour une journée de sport.
JOUR 2
Aujourd’hui, c’est le grand jour… C’est aujourd’hui que nous devons tous expérimenter une descente de bobsleigh en conditions réelles !
Nous nous levons donc tous à 9h pour rejoindre nos entraineurs à la piste de poussée une dernière fois avant notre première descente. Malheureusement, Nico ne sera pas des nôtres, malade certainement à cause de la fondue de la veille qui était, avouons-le, pas tip –top.
Le travail à la piste de poussée est rapide et nous revenons vite manger avant la descente prévue à 14h30.

Alex, nous fait croire que la pression appuie sur les intestins et qu’il faut donc absolument aller aux toilettes sous peine de remplir son pantalon pendant la descente.
Avant de descendre, nous sommes allés faire valider nos licences et par la même occasion créer une licence journalière pour les gens –comme moi- qui font ça pour découvrir et non pas pour compéter… euh… participer à des compétitions.
Sauf que le problème du bobsleigh en France c’est la politique. Je ne vais pas m’étaler, mais pour des raisons politiques, on nous a refusé cette licence et fait payer 3 fois le prix de la licence journalière. Mais passons…
Nous voilà au jour J, à l’heure H, nous observons les bobeurs préparer le bobsleigh… mise en place des patins, chacun se prépare, Cal et Ouzi seront les premiers à descendre.


Ils s’installent dans le bob (on est débutant alors on ne pousse pas), le top est lancé, les bobeurs commencent à pousser de toutes leurs forces, Cal et Ouzi ont le regard fixé sur la piste… c’est parti pour une minute de sensations inconnues.
Nous les reverrons fou de joie à la fin de cette descente mais incapable de décrire ce qu’il venait de ce passer…

C’est au tour de Rlefesse et Lektric… même scénario, même ressenti.
Vient ensuite le tour de Julie et Nico. Mais Julie a une petite tête et les casques sont bien trop grands. Les chocs sont bien trop violent pour permettre le moindre problème de casque. Je cours donc lui chercher mon bonnet au vestiaire pour « grossir sa tête » et ainsi être à la taille du casque. Le temps presse, lorsque le bip sonne les bobeurs ont une minute pour se lancer sinon la descente est annulée. Le bip ne va pas tarder… J’arrive aux côtés de Julie pour lui donner ce fameux bonnet. J’accours, lui donne le bonnet mais dans le même temps, Cal me met le casque sur la tête en me disant « c’est toi qui descend, vas-y vite ! ». Hein quoi ? Qu’est ce qu’il a dit le monsieur ?
En deux temps, trois mouvements, me voilà assise dans le bob en position 2 et je vais descendre dans les 10 secondes qui viennent… C’est quoi ce bordel ? Je n’ai même pas eu le temps de stresser !

C’est parti… Premier virage… facile.. je commence à les compter, il y en a 19. J’observe la piste tant que la pression n’est pas trop forte… nous prenons de la vitesse… la pression augmente dans certains virages… ça y est j’ai perdu le compte, la vitesse se fait grandissante, mon casque tape de part et d’autre de la coque sans que je ne puisse rien faire pour aller à son encontre… et là… comble de la malchance… le bonnet de cal que j’avais sur la tête pour faire en sorte que je puisse être serrée dans le casque s’abaisse sur mes yeux… nooooon ! C’est pas possible ! Je vais faire peut être qu'une seule descente dans ma vie et je me retrouve les yeux bandés ! L’idée de lâcher la poignée à laquelle je me retiens pour relever le bonnet me traverse la tête mais la pression et les chocs aidant, je me suis dit que de toute façon, je n’arriverai pas à lever mon bras jusqu’à ma tête et que lâcher la poignée serait un acte inconscient. J’ai donc passé les dernières secondes en aveugle… mais cela n’était finalement que peu important puisque dans les virages 15-16, la pression que l’on ressent est tellement forte qu’il est impossible de relever la tête… et comme je sais déjà à quoi ressemble mon pantalon, je n’avais pas besoin de voir.
Soudain… moins de pression, et un gros bruit... nous sommes arrivés et le freineur plante la herse dans la glace pour arrêter ce bolide.
Finalement, nous aurons vécu cet intense moment durant 1 minute 2 secondes et 40 dixièmes à une vitesse atteignant les 125km/h et avec une pression de 4g (dixit le pilote du bob dans lequel Nico et moi nous nous trouvions).
En bas de la piste, nous attendons qu’un camion vienne nous récupérer et nous remonter au départ. Durant ce temps d’attente nous voyons le bob de Julie et Gliss arriver… Ah ? Non ? Julie n’est pas là ? Elle n’a toujours pas trouvé de casque ? Ce n’est qu’un bob à 3 ? Non non… c’est juste que Julie est très souple et qu’elle se trouvait tout au fond du bob… on ne la voyait plus…
Nous ne pouvons que remercier les compétiteurs dont je vous parle depuis le début qui nous ont accompagnés et surtout… qui nous ont laissé leur place pour descendre. A part « merci » nous n’avons pas su mieux exprimer notre reconnaissance pour tous leurs efforts et leur « sacrifice » de descentes.

A la fin de cette journée nous irons tous partager une bonne 20aines de pizza tous ensemble puis ce sera l’heure du repos du guerrier.

Ah oui… l’histoire de la pression qui appuie sur les intestins et qui fait faire dans son froc… personne n’a eu ce problème… il nous a baratiné pour nous faire peur à tous les coups !
JOUR 3
Dernier jour et pas des moindres ! Dernier entrainement à la piste de poussée où Jalex leur fait un entrainement « immondémment » dur pour les pousser dans la fatigue et ainsi tester leur aptitude à réaliser les bons mouvements malgré la fatigue. Jalex est militaire… cela se voit !
L’après midi, descente en conditions réelles à nouveaux. Lektric et Cal auront l’occasion de faire la descente comme des pros en poussant (car les pros ont pu leur prêter des cardes –chaussures pour courrir sur la glace-).

Durant cette journée, nous avons encore subit les problèmes "politiques" de la piste... Nous avons eu droit à un seul et unique camion pour remonter tous les bobsleighs au départ... ce qui nous a fait perdre 20min... et sur 1h, 20 min cela représente énormément de descente. Et, comme par hasard... lorsque l'heure s'est terminée et que la place était laissée aux touristes, deux camions étaient mis en place...
Journée encore forte en émotion.
Le soir, ce sera rangement, attente et départ pour revenir dans notre comté franc-comtoise.
Nous arriverons vers 2h30 du matin à Belfort…
L’aventure est terminée… on repart quand ?